La publicité et les enfants

Publié le par Amandine

pubBeaucoup d’entre nous se disent sensible aux publicités, que ce soit dans l’intention d’achat ou sur l’image de la marque. Cependant, qu’en est-il des enfants ?
Nous le savons tous, c’est à entre l’enfance et l’adolescence que nous sommes le plus influençables, même si certains adultes le sont toujours.
Je vais tout d’abord commencé cet article avec des informations plus ou moins inquiétantes. De nos jours, la télévision est le média préféré des enfants. Cette tendance est corroborée par certains chiffres : saviez-vous que 2 enfants sur 5 en moyenne possèdent une télévision dans leur chambre ? De plus, selon l’ENA un enfant passe en moyenne 2H23 par jour devant la télévision ! Cette moyenne a tendance à augmenter de 2 à 3 minutes par an. Enfin, 10% de ce temps passé devant la télévision par les enfants de 4 à 10 ans est consacré aux publicités.
Quel effet la publicité a-t-elle sur nos enfants ? Vous me direz, qu’en soit elle ne peut pas vraiment être dangereuse si elle est contrôlée et encadrée par les parents. Cependant, l’exposition à la publicité a une large influence sur nos préférences et nos choix alimentaire. Une récente étude de l’INPES a démontré que 62% des enfants demandent à leurs parents d’acheter des produits promus par la publicité. Le pire étant à venir, 91% des enfants ont déclaré avoir obtenu ce qu’ils avaient demandé. Ces chiffres sont dangereusement appuyés par une étude de l’UFC-que Choisir qui démontre que 77% des enfants préfèrent les céréales promues à la télévision.
Tous ces chiffres nous permettent d’expliquer l’influence des enfants sur la consommation des familles. Il faut tout d’abord savoir que la publicité s’adresse à l’enfant lui-même. Selon une étude de l’Institut de l’Enfant, les enfants influencent très largement la consommation de leur famille, en effet, 43% de la consommation des familles est demandée par l’enfant. Ce dernier intervient directement lors des actes d’achats concernant les produits qui leur sont destinés (jouets ou céréales par exemple), 84% des parents reconnaissent acheter des céréales promues à la télévision quand leur enfant les réclame (Etude de l’UFC-que Choisir). Mais ils sont également de plus en plus actifs dans les décisions d’achats finales concernant les produits destinés à la consommation familiale tels que les produits d’alimentation, les voitures, les vacances. L’influence de l’enfant dans la consommation de la famille varie avec l’âge, l’enfant devient plus influent en vieillissant. Cela en fait donc une cible privilégiée pour les publicitaires. En effet, jusqu’à 7-8 ans, les enfants ne font pas la différence entre les messages publicitaires et les autres programmes, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Vers 10 ans l’enfant perçoit l’intention de la publicité et le message publicitaire en lui-même, sa confiance envers ce type de message décroit, cependant leur habitude de consommation a été et reste largement influencée par les publicités qu’ils voient au quotidien.
Cette influence sur les habitudes de consommation des enfants nous mènent à une analyse plus approfondi des spots publicitaires diffusés dans les programmes pour enfants. Selon l’UFC-que Choisir, 87% des publicités diffusées pendant les programmes pour enfants sont des sports pour des produits alimentaires, la plus part étant trop sucrés, trop salés ou trop gras. Cette focalisation de la publicité sur l’alimentation est une des causes de l’augmentation de l’obésité infantile. En effet, un enfant qui aura eu l’habitude de voir des publicités pour une marque ou un produit en particulier demandera plus facilement à ces parents d’acheter ce fameux produit. Ces habitudes de consommations ont donc des effets à court terme mais également à long terme. Un enfant habitué à manger gras, ou mal aura tendance à faire de même quand il sera adulte.
Devant l’ampleur de ce phénomène l’Etat français a décidé d’agir et nous pouvons constater une évolution de la réglementation concernant les publicités diffusées pendant les programmes pour enfants. Cependant cela ne suffit pas à stopper l’évolution de l’obésité infantile. De nombreux progrès sont encore à faire et à mettre en place.
J’aimerais conclure cet article sur le fait qu’il est facile de blâmer l’Etat français quant-à son manque d’action concernant l’évolution de l’obésité infantile. Néanmoins les parents ont un rôle extrêmement important dans l’apprentissage des règles alimentaires de leur enfant. Ce rôle a tendance à être négligé par certaines familles.

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